Samuel Eto’o, le racisme, non

Samuel Eto’o voulant quitter la pelouse

Samuel Eto’o n’est pas de ceux qui acceptent sans rien dire, qui courbent la tête face à des injustices ou des choses révoltantes. L’an dernier déjà, face à Saragosse, il avait célébré son but en jubilant comme un singe pour faire taire les sifflets et autres insultes racistes du public.

Ce soir encore, Samuel Eto’o s’est fait remarquer, comme d’habitude avec fierté, et une force de caractère lui faisant faire ce que peu osent faire, dire et agir comme il le pense à chaque moment. L’attaquant camerounais s’attendait certainement à un match difficile face au real saragosse, mais loyal, dans le respect de l’adversaire, valeurs que Samuel Eto’o a toujours exprimées sur le terrain, toujours tous sourires, toujours le premier à calmer les ardeurs quand la tension monte. L’un des rares joueurs à avoir réconforté un entraîneur adverse lors d’un penalty peu évident sifflé l’an dernier. Mais à cette attitude du public de saragosse, Samuel Eto’o ne s’était certainement pas préparé.

A la 76e minute du match, le FC Barcelone obtient un corner, et l’attaquant national va poser la balle au coin de corner, et reçoit des projectiles, et des injures racistes. Pendant le même temps, le 4e arbitre convoque l’arbitre du match pour lui signaler la chose, et lorsque les images reviennent dans la surface de Saragosse, on voit alors une image bien peu courante : Samuel Eto’o véritablement en colère. Quand on connaît le tempérament de l’homme, toujours prompt à apporter de la bonne humeur, on voit tout de suite qu’il s’est passé quelque chose de grave. Et il n’a qu’une chose en tête, sortir du terrain. Lorsqu’Everthon, l’attaquant noir du real Saragosse vient calmer l’international camerounais, les gestes d’Eto’o sont sans équivoque, et on comprend ce qui se passe. S’adressant au public, il pointe Everthon en disant :“lui et moi on a la même couleur de peau, mais vous m’insultez parce qu’on n’a pas la même couleur de peau!”. Très marqué par ce qui vient de ce passer, Eto’o ne veut que quitter ce terrain où il estime qu’il n’a pas à se mêler à un public reflétant aussi peu d’intelligence. Et lorsque l’arbitre vient essayer de calmer le joueur pour le faire rester sur le terrain, c’est Ronaldinho qui s’interpose, estimant lui aussi que le match doit être arrêté. Samuel Eto’o ira même jusqu’à s’asseoir sur le terrain, et enlever ses chaussures.

Au bout de plusieurs minutes néanmoins, la force morale de l’attaquant l’emporte, et sur les conseils de l’arbitre, d’Everthon et de plusieurs joueurs de Saragosse, il décide de retourner sur le terrain, et de répondre de la seule façon dont il a toujours répondu à ce type de public : balle au pied. Et félicité par Deco, Ronaldinho et ses autres coéquipiers, il est décidé à repartir avec une victoire, pour faire taire ce public qui le fustige sans aucune raison sportive. Et en quelques minutes, le barça, blessé pour son attaquant prodige, réagit comme un seul homme : penalty sur une frappe d’Edmilson sauvée de la main par un défenseur, que transforme Ronaldinho, et percée d’Eto’o sur le côté droit qui sert Larsson qui double la mise. Pour que le match prenne tout son symbole, Ronaldinho aurait dû laisser Eto’o tirer le penalty et obtenir son 19e but, mais le message est passé : Eto’o ne se laisse pas et ne se laissera jamais insulter sur le terrain, et malgré tout ce que des supporters idiots pourront dire, il continuera de marquer et de faire marquer ses coéquipiers, comme ce soir avec Larsson.

Il a prouvé aujourd’hui qu’il reste et demeure un grand joueur, aussi bien techniquement que dans son tempérament. Bien que très déconcentré sur la fin du match, il a réagi comme il le fallait, comme l’ont confirmé à la fin du match ses deux doigts levés vers le ciel en guise de deux buts à zéro, score sur lequel Eto’o et les Barcelonais l’ont emporté ce soir.

Mais malgré l’attitude très louable des joueurs de Saragosse, de l’arbitre qui a traité Eto’o en ami lors de l’évènement, l’attitude de ce public qui a déjà été trop vue (on se souvient encore de Zoro en Italie, ou de Chimbonda à Bastia) doit être punie à la mesure de l’acte. Le racisme n’a rien à faire sur un terrain de football, ni nulle part ailleurs. Et nous espérons que la liga donnera suite à cette affaire.

Face à cela, une chose est claire, les Camerounais, comme l’ensemble des Africains doivent s’unir pour soutenir leurs joueurs qui sont victimes de ce genre de phénomènes qui peuvent être très difficiles à encaisser. Samuel, tu as été exemplaire ce soir, et tu as les félicitations ainsi que le soutien de Bonaberi.com, et de tous les bérinautes. Va de l’avant, et ne t’encombre pas des idiots qui profitent de ta couleur de peau pour essayer de te rabaisser. Comme on dit, pendant que les supporters insultent, Samuel Eto’o et les Camerounais avancent ! Sammy oyé!

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