Une autre narration du monde

Une autre narration du monde
Bourg-lès-Valence le 14 novembre 2008

SUD Solidaire
http://www.rhone-alpesolidaires.org/sud-solidaire

Résumé de la conférence une autre narration du monde 1 avec la
participation de Riccardo Petrella. Cette conférence organisée dans le cadre des Rencontres Solidaires en Rhône-Alpes, doit aider la promotion de l’Economie Sociale et Solidaire. Riccardo Petrella début son intervention en parlant de l’économie sociale. – – – – – –
Riccardo Petrella :

L’économie sociale devrait être l’économie, quand nous avons été obligé de parler de l’économie sociale, c’est parce que notre économie n’est pas sociale!
En grec, économie signifie : règle de la maison. L’économe est celui qui réalise les règles de la maison.

Imaginons une règle qui dit : – Tels dans la cave et de temps en temps on envoie quelques nourritures – Au rez-de-chaussée, ceux qui servent – A l’étage ceux qui réclament : alors, quand est-ce que l’on mange ?
Qu’est-ce cette règle ? Les règles de la maison sans solidarité ? Comment peut-on vivre dans une famille dont les membres ne sont pas solidaires ?

L’économie sociale et solidaire ne devrait pas exister parce que c’est une
démonstration de l’échec total d’une société. Si l’on doit faire une économie solidaire, alors à quoi sert l’économie ?

Si la société a un système qui produit tous les biens et services que ses membres ont besoin, elle ne peut qu’être solidaire, on ne peut pas penser que ce serait fait uniquement pour une partie de la société.

Après cette digression venons au sujet de mon intervention.

I) Droit de liberté d’entreprise privée :

Est-ce que dans notre société on pratique la générosité ? Ce qui est intéressant, c’est que la narration du monde du passé a évacué le concept système de générosité qui s’exprimé par le concept de gratuité. Que la gratuité de l’acte humain c’est farfelu, idéaliste, utopique = c’est le caractéristique fondamental dans notre société.

Le point de départ de tout analyse de notre société c’est effacé l’idée qu’il n’y a pas de gratuité dans notre société. Si on comprend cela, on commence à
comprendre la société, signifie que cette société a une notion de la valeur uniquement instrumentale.

Tout ce qui a de la instrumental peut avoir une valeur. On considère que tout ce qui a de la valeur, ce qui contribue à la création de richesse pour le capital
existant, la richesse du patrimoine, surtout financier, a de la valeur.
Tout ce qui ne contribue pas à la création de richesse du capital n’a pas de valeur. Donc l’objectif est la richesse.

Etre riche c’est l’idéal, c’est le rêve, la richesse est la raison d’être de notre société. Combien de fois l’on considère que celui qui n’est pas riche, n’est rien ?

Si tu es riche tu peux ! Parce que peuvent que ceux qui sont riches.
Créer la richesse est la logique normale qui donne de la valeur à quelque chose Nous vivons avec ce que la société capitaliste a dit et c’est là la narration, car tout est toujours narration.

Quant on raconte sa famille, ou une entreprise, c’est de la narration.
La société nous dit que le sujet le plus important qui établit les règles de la maison, qui établit la valeur du patrimoine, qui établit la disposition des gens dans la maison , le sujet le plus important ce n’est pas l’état, pas les gens, c’est l’entreprise privée.

L’entreprise privée est titulaire des instruments, l’entreprise privée est celle qui prend les ressources, elle prend le bois, les minerais, le verre, . . . les gens. C’est l’entreprise privée qui est le sujet déterminant la valeur.
C’est pour cela que la société capitaliste pales de la liberté d’entreprise, de droit naturel à la propriété privée.

L‘entreprise doit être libre. Les capitaux doivent être libres, si non, comment le sujet le plus important peut produire des richesses pour les capitaux ? Il ne faut pas mettre de contrôle sur le mouvement de capitaux.

En 73-74, la narration du monde a imposé la libération du capital. La liberté d’entreprise privée c’est de choisir quoi produire, il faut déterminer les objectifs de la production des richesses.

Le capital détermine les priorités de la création collective et à quoi doit servir la création collective.

Le capital de l’entreprise doit être propriété privée = droit de propriété privée. Distinction entre les droits humains naturel, droits sociaux civiques et économiques, comme s’il était possible de différencier dans la condition humaine des droits qui seraient naturels et d’autres qui ne le seraient pas = déclaration universelle des droits sociaux, économiques et politiques.

Les droits naturels sont ceux qui sont inhérents à la nature humaine, ils sont donc universels, indivisibles, etc. .

Les droits sociaux, économiques, politiques, sont des droits acquis, ils sont
réversibles en fonction de la capacité de la société. Le maintien des droits acquis est fonction de la croissance économique. Quand nous étions plus pauvres, on a donné des droits de santé, de travail, de pension . . ., et depuis 30 ans que nous sommes devenu plus riche, on ne veut plus partager. On dit : « on a plus d’argent », alors les gens sont devenus : les riches plus riches et les autres plus pauvres.

Alors il et décidé que le droit humain naturel, le plus important, inviolable, intouchable, inaliénable, c’et la liberté. Quand la société dit que c’est la liberté le principal droit humain, ça signifie que c’est une société injuste, oligarchique parce que c’est ceux qui ont le pouvoir qui disent
que c’est la liberté le plus important.

II) Droit de propriété privée :

Le deuxième droit humain est le droit de propriété privée qui est le plus important avec la liberté. Ce n’est pas par hasard que nous sommes une société capitaliste = liberté d’entreprendre et propriété privée.
Quel critère de sélection des priorités établit pou r la règle de la maison n’est pas la législation de l’ état. Les règles du marché énoncées sont des lois, c’est-à-dire que c’est la confrontation entre les préférences individuelles. Quand on fait son marché, deux critères : le prix et la qualité suivants des critères
individuels. Ceci pour chaque consommateur.

La loi du marché dit : si je permet à tous, en fonction de l’utilité individuelle, d’aller dans un marché où il y a dix producteurs qui vendent, à la fin tout le monde sort et aura optimisé l’utilité de tout le monde avec sélection. C’est le marché, il ne faut pas mettre des règles au marché, c’est l’autorégulation du marché.

L’état intervient pour garantir l’intérêt du consommateur, le marché est le mécanisme de la sélection des entreprises qui produisent des bonnes choses, élimine les petites car les grosses peuvent contrôler le marché.

Suivant la narration du monde : un marché concurrentiel, marché libre avec des entreprises libres, qui défendent le droit de propriété privée, et qui peuvent satisfaire les besoins individuels : « c’est l’économie la meilleure !! »

Cette économie ainsi décrite, fait croire qu’elle permet à chacun de nous d’optimiser notre utilité individuelle. La société capitalisme de marché n’enseigne pas d’optimiser l’utilité collective. Alors si nous ne sommes pas éduqué à penser l’utilité collective, pourquoi dois-je être généreux ?
Il n’y a pas de gratuité dans tout cela.

Si l’utilité individuelle est la fonction qui inspire les mécanismes et les fondements de cette économie, il ne peut pas y avoir de cohésion, de solidarité, l’objectif c’est que plus j’optimise mon utilité individuelle, je peux le faire si je minimise ton utilité individuelle. Mon utilité individuelle est optimisée au fur et à mesure où je diminue l’utilité individuelle de l’autre. Un marché, s’il veut être un bon sélecteur, doit être basé sur le principe de rivalité et d’exclusion.

Chaque producteur, chaque consommateur est rival. La rivalité signifie que j’ai tout intérêt que ma survie pour être assurée dépend de ma capacité d’optimiser mon utilité individuelle, au détriment de la survie de l’autre.

Le phénomène d’exclusion sociale est de plus en plus forts au fur à mesure que les principes de l’économie capitaliste de marché sont appliqués de manière de plus pure et plus étendue.

Quand on est passé d’une économie de l’état social, de l’état protecteur (années 50-60) où il y avait tout un système de protection sociale, des réglementations de la part de l’état, de contrôle s (avec limites et dérives), tout le monde était devenu un peu plus riche – 1945 à 1975, toutes les données statistiques montrent que les inégalités entre les premiers des plus riches et les derniers des pauvres diminuées. Les gens, moyennement devenaient plus riches.

Depuis 1978, les inégalités entre les extrêmes s’élargissent, la grande pauvreté
revient dans la société et les riches sont plus riches, il a eu la capacité de
s’approprier par la maximalisation de sont utilité individuelle de la partie la plus vaste des richesses : c’est ça la narration du monde.

Alors on dit que l’on a pas l’argent pur éliminer les inégalités sociales. On ne l’a pas car la logique c’est de créer les inégalités sociales. On a fait dépendre la capacité de satisfaire l’accès au biens et service essentiels à la
vie du pouvoir d’achat.

Pourquoi le pouvoir d’achat est -il devenu si déterminant dans la société ? Et pourquoi, sans pouvoir d’achat, vous n’êtes rien ? Parce que vous n’avez plus aucun droit, parce que tout ce que l’on peut faire pour avoir accès aux biens et services, qui sont déterminant, essentiels pour notre existence de base, dépend de notre capacité de l’acheter.

C’est pour cela que l’on a marchandisé tout, c’est la logique du marché.
On a marchandisé les biens et les services indispensable à la vie des gens.
La marchandisation signifie que vous existez que si vous avez un pouvoir d’achat.

On est heureux d’être citoyens si nous sommes des c onsommateurs à pouvoir d’achat élevé.

On est important, nous pas en tant que citoyen, mais si nous sommes des
consommateurs on a du pouvoir, pas si nous sommes citoyen ! Si l’on a la possibilité de consommer, on peut influencer l’économe, en tant que
simple citoyen, on ne peut que voter aux élections.
Extraordinaire !

Qu’est-ce ce qui s’est passé avec la crise financière actuelle, la crise du
capitalisme ? Deux choses :
1- Les grands absents : les parlements ont été des sujets inexistants, l’exécutif a tout porté. A l’avenir, ce n’est pas nécessaire de faire des cours aux
parlements pour résoudre les problèmes de crise. Les exécutifs du monde
attendent l’ouverture des bourses, ils n’ont pas d’idée, ils attendes si
l’entreprise privée financière est d’accord ou pas. Quelle pauvreté de
démocratie ! Et les bourses se sont « foutues » éperdument des décisions des
gouvernements, elles ont continué à faire ce qu’elles voulaient.

2- La deuxième chose de la crise, qui concerne le point final de la narration
concrète du monde. Où sont les syndicats dans tout cela, les a-t-on entendu ?
La société a accepté la disparition des syndicats comme expression de
l’organisation du travail, et les syndicats eux-mêmes sont devenu partie
intégrale du système parce qu’ils s’ont pas réagis, parce que la seule chose
qu’ils attendaient est que les états fassent la « planche à billets » pour sauver
les fonds de pension. La narration du monde qui c’est concrétisée.
TUC : Théologie Universelle Capitaliste

– Le Père c’est le capital d’où tout vient – L’entreprise est le fils et la fille du Père, du capital – Et l’Esprit Saint c’est le marché.

Maintenant reste à savoir s’il y a résurrection après « l’écroulage » de la Saint Trinité. Cette Sainte Trinité a démontré qu’elle est complètement inefficace, mauvaise, injuste et méchante.

La crise actuelle, ce n’est pas qu’il y a pas assez de règles, de contrôles,
d’information, de transparence, avec un peu plus de règle de contrôle, on aura
refondé le capitalisme mondial. Mais ils ne veulent pas changer la liberté de
mouvement de capitaux, la flexibilité des fluctuations de échanges entre les
monnaies et cela sont à la base des mouvements spéculatifs à court court terme. On ne veut pas éliminer l’indépendance de banques centrales, on ne veut pas éliminer les mouvements spéculatifs, les secrets bancaires, les paradis fiscaux, pas de contrôle sur les mouvements de capitaux, pas de taux de change fixe, pas de société de notation, (ceux qui cachent tout). Ils veulent revenir au système d’avant.

Y a-t-il des possibilités d’évolutions différentes ?
J
e ne peux pas vous dire qu ’il y a de recette, de solution, le capitalisme peut durer encore 50, 100 ans . . . Quand un système s’écroule, ce n’est pas comme un mur qui tombe, ça peut durer 30 ans et . . . ., et même si le système s’écroulait maintenant, il ne peut pas disparaître immédiatement.

Un système sociétal disparaît lorsque l’autre est déjà en place, il faut qu’un nouveau système s’affirme. Ce que l’on peut faire actuellement, si vous partager le jugement négatif du système de la narration dominante, que peut-on faire : c’est commencer à mettre les piliers, à élaborer les principes fondateurs de l’autre système que l’on souhaite mettre et s’engager, petit à petit, comme citoyen, faire en sorte que les forces sociales fassent leurs les principes de l’alternative, et fassent que par les règles, par les institutions,,
les principes se transforment en facteurs de construction de l’autre système.

Ca prendra des générations. Ne vous faite pas rouler par ceux qui disent « comment veux-tu faire pour remplacer l’existant ? » Il faudra deux ou trois générations. Ce n’est as dit que si l’on ne réussi pas dans les 10 ou 15 ans à venir, que l’on ne réussira pas. Ce n’est pas parce que l’on a échoué, que l’on a démontré que le système actuel est bon. Il ne peut y avoir d’histoire en dehors de la société capitaliste, pas d’histoire en dehors des mécanismes de fonctionnement de l’économie capitaliste mondialisé, financialisé, de marché, ils donnent l’impression que c’est l ’éternité.

Quels sont les principes sur lesquels travailler ?

Il faut renverser l’image de trois principes de la Saint Trinité. Il faut trouver comment notre société, le système qu’on voudrait qui remplace celui
qui c’est écroulé, définisse la valeur. Ava nt la valeur est tout ce qui contribue à la création de richesse du capital financier, un système alternatif, la société pour laquelle on se bat à construire, la valeur est défini par tout ce qui a valeur : biens, personnes, a de la valeur en fonction de sa contribution de créer les conditions pour que tout le monde ai droit à la vie. Tout ce qui ne contribue pas à créer les conditions de droit à la vie, n’a pas de
valeur.

Première valeur : principe de droit à la vie, tout ce qui peut être produit pour la vie
Deuxième valeur : principe de l’humanité a de la valeur tout ce qui est le résultat du sujet principal de l’histoire de l’humanité. L’humanité n’est pas reconnue, on parle de l’humanité, mais l’humanité n’existe pas du point de vue juridique et politi que. L’ONU n’ai pas l’humanité, c’est l’organisation des nations unies. Les intérêts de l’humanité ne sont pas représentés par les nations unies .

La nouvelle narration du monde doit se basée sur le principe du droit à la vie pour tous, et basée sur le fondement de l’humanité, une reconnaissance juridique, et politique de l’humanité. Ce qui signifie qu’il faut passer de l’organisation de nations à l’organisation de l’humanité.

La souveraineté nationale est un problème fondamental pour la nouvelle narration du monde. Peut-on considérer que dans la règle de la maison chaque habitant de la maison se considère souverain de son mètre carré
La souveraineté nationale sur les ressources : la foret, l’eau, l’air est mondialisée, on est l’économie mondiale, il faut des règles mondiales.

Troisième principe, il faut déclarer des biens communs mondiaux et je me bat pour que l’eau soit reconnue le premier bien commun mondial. L’eau patrimoine de l’humanité, chaque pays à la tâche de la sauvegarder, de l’entretenir, en fiducie, dans l’intérêt des générations futures.

Nous sommes confronté à un problème fantastique, dramatique, les luttes du 19ème siècle, sociales, politiques, etc . . ., ont été caractérisées par le fait que nos ancêtres ont dû lutter contre la préparation du capital d’être propriété du travail.

Après la deuxième guerre mondiale, pendant 20 ou 30 ans, les luttes avaient réussit, le capital ne pouvait plus prétendre à devenir propriétaire du travail.
Ces 30 dernières années, le capital a réussi à devenir propriétaire du travail : le
concept des ressources humains, le travail précaire, la diminution du retour des richesses vers le revenu du travail, tout cela à permis au capital de devenir propriétaire du travail.

Le 21ème siècle sera plus terrible. Nous devons maintenant nous battre contre les prétentions du capital de devenir propriétaire de la vie. De toute forme de vie. De la vie humaine, de la vie des plantes, de la vie naturelle, il se prétend propriétaire de l’air, de l’eau, des forets, des gênes, . . ., de tout.
La nouvelle narration du monde nous donne quelques espoirs aussi, parce que j’ai écrit des choses qui peuvent être faites et devenir des grosses vagues, peut –être dans 30, 50 ans renverser la vapeur. Ou peut -être que vous trouverez un autre que moi qui vous dira que vous être malade d’un rhume.

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